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Le réseau des amis des FRAC


Enrico Lunghi

À l'époque de leur création, j'ai entendu parler des FRAC sans très bien comprendre de quoi il s'agissait. Je dois dire que je m'intéressais alors plutôt à l'art ancien et, en plus, pour un Luxembourgeois, le concept même d'un Fonds régional d'art contemporain ne faisait aucun sens.
J'ai rencontré Béatrice Josse dès ses débuts à Metz (en 1993 je crois), et nous avons organisé ensemble, en 1996, « Actions urbaines », une exposition associant le FRAC Lorraine et le Casino Luxembourg - Forum d'art contemporain que je dirigeais. Béatrice ne disposait pas encore de lieu d'exposition et nous avons initié le projet avant même l'ouverture officielle du Casino, c'est dire combien travailler ensemble nous tenait à cœur. D'ailleurs, nous avons réalisé plusieurs projets en commun, dont un guide des lieux d'art contemporain en Sarre, Lorraine et Luxembourg, paru en 2000.
Je n'ai depuis plus vraiment quitté les FRAC : j'ai un temps été vice-président du FRAC Lorraine, Emmanuel Latreille m'a invité à faire partie du comité technique en Bourgogne puis en Languedoc-Roussillon, après quoi Alexandre Bohn m'a demandé de rejoindre le sien en Poitou-Charentes. Cela m'a permis de me rendre compte de la diversité des contextes et des collections, et c'est, je pense, ce qui fait l'intérêt et l'originalité de cette institution française : de l'extérieur (de la France), les regards se portent (presque) toujours sur Paris, alors que les réalités du terrain sont bien plus complexes et moins uniformes dès que l'on s'attarde sur les parcours de chaque FRAC.

Enrico Lunghi
Mudam Luxembourg
février 2013

Visuel : 
Marco Godinho, Tenho em mim todos os sonhos do mundo, 2007 
Clous acier, dimensions variables : circa 50 x 1000 cm 
Collection FRAC Poitou-Charentes 
Photo : Richard Porteau 

"J'aime bien cette pièce qui joue sur le contraste entre la violence nécessaire à enfoncer dans un mur des milliers de clous en leur tapant sur la tête à l'aide d'un marteau et l'immatérialité volatile et sans confins des rêves humains." Enrico Lunghi