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Entretiens

10/2019

Entretien exclusif entre Sylvie Zavatta, directrice du Frac Franche-Comté et l'artiste argentine Marina de Caro.

 

Le Frac Franche-Comté a accueilli en résidence durant deux mois l'artiste argentine Marina de Caro. L’espace, l’expérience du corps, l’intuition, la sensibilité et l’émotion sont les maîtres-mots de son travail pluridisciplinaire.

 


Sylvie Zavatta : Nous nous sommes rencontrées récemment lors du voyage d’une délégation des directeurs de Frac à Buenos Aires. J’ai découvert à cette occasion ton travail qui se déploie à travers des dessins, des installations, des performances, des propositions scéniques et explore des questions relatives au corps, mais aussi à la politique. La couleur y est interrogée au regard de ces deux questions. Tu as ainsi réalisé des pièces remettant en question la norme du pantone. Que voulais-tu mettre en exergue à travers cette proposition ?

 

Marina de Caro : À l'ère de la technologie, des dispositifs numériques, de la révision de la notion de genre, de l’avancée du féminisme et des sexualités dissidentes, la production artistique fait du corps de l'artiste la source du questionnement et le point de départ de nombreuses performances. Ces œuvres sont en dialogue avec les arts scéniques et l'engagement politique. Cromoactivismo (ou activisme par la couleur) est un groupe militant qui intervient dans des manifestations politiques liées aux droits de l’homme, au féminisme et aux revendications de la LGBT à Buenos Aires. Ce groupe s'empare de la dimension sensible et symbolique de la couleur, pour faire face à une réalité qui échappe à l'humain. Ce sont nos expériences en tant que collectivité qui deviennent visibles dans les noms des nuanciers « chromoactifs ». Cromoactivismo s'oppose notamment à la politique de la société Pantone qui s'est appropriée la couleur, ce qui n’est pas sans conséquence sur notre expérience culturelle. La couleur n'est pas une marchandise, c’est pourquoi Cromoactivismo fait de la couleur une expérimentation micropolitique qui passe par le geste sensible. 

Pantone NON Nuance politique OUI

 

SZ : À propos de politique, comment t’est venue l’idée de travailler sur les femmes anarchistes ? Le contexte argentin a-t-il été déterminant ?

 

MC : Je ne pense pas que ce soit seulement le contexte politique argentin, la quatrième vague du féminisme est internationale. Bien sûr, les implications de ce mouvement contre l’oppression masculine, le patriarcat et le capitalisme n'ont ni la même forme ni la même force en Europe qu'en Amérique latine. La violence à l'égard des femmes prend de nombreuses formes. De la violence explicite comme le viol et le meurtre, à l'absence de représentation des femmes dans les différents domaines professionnels, elle peut encore transparaître dans les discours culturels hégémoniques. Il est donc nécessaire de préserver la voix des femmes et d’autres voix dissidentes en tant que sujets historiques majeurs. Ce besoin nous prépare à passer en revue tous les aspects de l'histoire afin de la réécrire dans un récit où ces voix, au lieu d’être omises seront, au contraire, valorisées. Ceci veut dire qu’il faudra toujours les activer dans un contexte contemporain. Travailler avec des textes de femmes anarchistes n'est qu'un petit geste dans la lutte qui nous attend encore.

 

SZ : C’est cette question qui est à l’origine de mon invitation à faire une résidence au Frac. J’ai pensé que le contexte de la Franche-Comté et plus particulièrement de Besançon pouvait t’intéresser même si Fourier et Proudhon qui y sont nés ne sont pas des femmes ni à proprement parler des anarchistes. Ce sont en tous cas des penseurs qui envisageaient une autre société et d’autres rapports humains. Tu as fait des recherches sur eux lors de ta résidence, qu’en as-tu retiré ? Cela a-t-il donné lieu à de nouvelles réalisations ?

 

MC : Durant cette résidence proposée par le Frac, j'ai décidé de travailler à partir de textes de Charles Fourier, que j’aime considérer comme un point de repère. J’ai également travaillé avec des textes de militantes féministes comme Louise Michel, Olympe de Gouges, Gabrielle Petit et Voltairine de Cleyre. Le projet a commencé par la recherche de citations bibliographiques dont le ton poétique pouvait donner lieu à une remise en question. Quand la poésie rencontre l'histoire, le résultat est projeté dans le futur avec une force utopique et critique. Le temps de la résidence a été très important pour disséquer les textes lus et pour préparer un nouveau travail d'écriture et de dramaturgie.

 

SZ : Cette résidence nous a permis de nous engager dans un nouveau projet qui ne manque pas d’originalité ni d’ambition, à savoir la production d’un Opéra dont la création serait présentée en 2022.  Ce sera le second pour toi.  Qu’est-ce qui t’intéresse dans cette forme ?

 

MC : Mon regard sur l'opéra vient sans doute des arts visuels, mon domaine de travail. Pour moi, l'opéra est une construction symphonique faite de disciplines artistiques. Un texte qui se traduit par un son qui se déplace en un mouvement. Une image qui génère du mouvement dans un espace sonore. Une couleur qui devient une image sonore, une expérience.

 

SZ : J’imagine qu’il est trop tôt pour en parler mais aurais-tu des pistes, des envies et comment situerais-tu ce second Opéra par rapport au premier ?

 

MC : Le travail et l'investigation du corps sont toujours présents dans mon œuvre artistique, mais l’idée du corps comme caisse de résonance ou comme dimension sonore, ne m’était jamais venue à l’esprit. Ce travail attendait un déclic et l'opéra a été la discipline qui m'a permis d’explorer le corps. J'ai travaillé sur trois figures féminines de l'opéra : Mélisande, Ophélie et Marguerite.

La dramaturgie est née de l'écriture d'un poème visuel qui expose et développe l'idée du travail non aliénant, du travail créatif comme espace de construction de nouvelles utopies ; l'utopie est ici le déclencheur de l'action revendiquée dans les voix de ces femmes.

Dans ce deuxième projet scénique qui prend sa source dans des citations de textes anarchistes, j'espère que l'œuvre elle-même me surprendra avec quelque chose que je n'avais jamais imaginé auparavant. Cette prise de risque, me semble le seul moyen de commencer un travail et m’introduire dans un laboratoire créatif.

 

 

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27/06/18

Entretien accordé à Platform par Sam Stourdzé, directeur des Rencontres de la Photographie d'Arles.

 

 

 

 

« Les Frac sont des acteurs essentiels du monde de l’art au niveau régional. Ils ont un rôle de chef d’orchestre et de passeur de balle au sein du territoire, ce sont des accélérateurs de "particules".

Pascal Neveux, directeur du Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur, m’a fait entrer dans le comité d’acquisition du Frac avec l’envie de renforcer la dimension photographique de la collection, ce qui permet de tisser des liens entre nos deux structures et d’avoir une attention particulière au service des artistes de notre territoire. Les Rencontres de la Photographie d’Arles échangent naturellement avec le Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur, un compagnon culturel au quotidien pour les habitants de la région. Nous travaillons main dans la main sur de nombreux projets d’année en année.

Cet été 2018, les photographies de Laura Henno, acquises par le Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur, seront présentées dans l’exposition Rédemption des Rencontres d’Arles. De plus, en partenariat avec les Rencontres dans le cadre du Grand Arles Express, le Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur et le Frac Grand Large - Hauts-de-France inaugurent une collaboration autour de la photographie avec l’invitation de l’artiste Bruno Serralongue. Ce qui représente un beau clin d’œil aux relations Nord-Sud et au futur projet de l’Institut pour la Photographie de la région des Hauts-de-France. »

 

 

 

© Stéphane Lavoué

 

               

Laura Henno, Koropa, 2016. Film, sous-titré, couleur, 16/9, 19 min                               Bruno Serralongue, Abri #7. Collection Frac Grand Large - Hauts-de-France

© Laura Henno, courtesy Les filles du Calvaire                                                                     © Bruno Serralongue - Air de Paris


                                 

 

Plus d'informations :

Exposition Bruno Serralongue, De Calais présentée jusqu’au 19 août 2018 au Frac Provence-Alpes-Côte d'Azur

Exposition Laura Henno, Koropa présentée jusqu’au 23 septembre 2018 au Frac Provence-Alpes-Côte d'Azur

En partenariat avec les Rencontres de la Photographie d'Arles dans le cadre du Grand Arles Express

www.fracpaca.org


Exposition Laura Henno, Rédemption présentée jusqu’au 26 août 2018 au Rencontres de la Photographie d'Arles

En partenariat avec le Frac Provence Alpes-Côte d'Azur

www.rencontres-arles.com


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26/03/18

Entretien avec Keren Detton, directrice du Frac Grand Large  Hauts de France et Xavier Franceschi, directeur du Frac Île-de-France.

 

L'exposition Le Paradoxe de l'iceberg, présentée au Frac Île-de-Franche, le château / Parc culturel de Rentilly - Michel Chartier, réunit des œuvres de la collection du Frac Grand Large – Hauts de France qui utilisent des matières brutes soumises à des altérations chimiques ou physiques. Xavier Franceschi, directeur du Frac Île-de-France et Keren Detton, directrice du Frac Grand Large – Hauts-France reviennent sur leur collaboration. 

 

Christine Deknuydt, Le paradoxe de l'iceberg, non daté, Collection du Frac Grand Large – Hauts-de-France © droits réservés

 

 

Comment est venue l’idée que le Frac Île-de-France invite le Frac Grand Large – Hauts-de-France à exposer sa collection ?

Xavier Franceschi : Le projet développé au Château de Rentilly, deuxième lieu du Frac Ile-de-France aux côtés du Plateau, consiste à montrer notre collection mais aussi à inviter d’autres institutions à présenter la leur. Ce Château, c’est l’idée d’une plateforme permettant de prendre connaissance de collections – publiques en premier lieu – très importantes, mais que nous n’avons pas toujours le loisir de voir. Deux expositions sont organisées chaque année, l’une à partir de la collection du Frac Ile-de-France, l’autre à partir d’une collection dite « invitée ». Après avoir invité le Cnap, puis le Musée de la chasse et de la nature et plus récemment après avoir accueilli des œuvres du Centre Pompidou dans le cadre de ses quarante ans, j’ai pensé qu’il était intéressant de donner à voir des œuvres d’un autre Frac. Et en l’occurrence celles issues du Frac Grand Large – Hauts-de-France qui possède une très belle collection. Pour le public, ce sera la première fois qu’une occasion lui sera offerte de découvrir une partie de ce fonds en Ile-de-France.

 

Quelle approche avez-vous souhaité adopter pour concevoir cette exposition ?

Keren Detton : Cette exposition est en soi un iceberg, vous ne verrez qu’un petit échantillon de la collection. Dès lors, il a fallu opérer des choix. Je suis partie d’une donation récente des œuvres de Christine Deknuydt (1967-2000) au Frac Grand Large. Nous présentons près d’une centaine de dessins. Durant sa courte carrière, cette artiste originaire du Nord a construit son œuvre autour de la matérialité du dessin en utilisant des composants chimiques actifs sur des feuilles de papier recyclé. Ses dessins sont parfois accompagnés par des aphorismes mystérieux comme « Le paradoxe de l’iceberg », qui a donné son titre à l’exposition. Partant de ce travail, j’ai imaginé un compagnonnage avec d’autres œuvres de la collection, qui utilisent des matières brutes soumises à des altérations. La matérialité ne constitue pas une thématique en soi mais un moyen de relier des œuvres de différentes époques par leurs flux, leurs formes et leurs énergies. Face aux œuvres d’Hans Haacke, Nina Canell, Jacques Villeglé ou encore Evariste Richer, la matière aiguise notre regard.

 

 

Vue de l'exposition Le Paradoxe de l'Iceberg. frac île-de-france, le château, Rentilly. Au 1er plan : Hans Haacke, Blue Sail, 1965. Collection Frac Grand Large — Hauts-de-France © Adagp, Paris, 2018. Photo Martin Argyroglo           

 


Comment avez-vous appréhendé le lieu qu’est le château ?

KD : Le château de Rentilly est un cadre très inspirant. Sa façade entièrement recouverte de miroirs par l’artiste Xavier Veilhan, reflète le jardin environnant et lui donne un caractère immatériel. A l’intérieur, la rénovation a permis de dégager deux plateaux d’exposition, ce qui favorise les perspectives d’un bout à l’autre de l’espace mais le parc reste toujours présent, visible depuis les grandes baies vitrées. Avec cette qualité d’espaces et de lumière, j’ai voulu offrir un parcours en forme de libre promenade.

 

 

Vue de l'exposition Le Paradoxe de l'Iceberg. frac île-de-france, le château, Rentilly. Au 1er plan : Carl Andre, Phalanx, 1981. Collection Frac Grand Large — Hauts-de-France © Adagp, Paris, 2018. Photo Martin Argyroglo

      

                                                                

Comment s’est déroulée concrètement l’organisation du projet entre vos deux Frac ? 

XF : Tout d'abord, il s'agit d'une vraie carte blanche proposée au Frac Grand Large  Hauts-de-France et à Keren Detton. Nous avons bien entendu discuté ensemble du projet, mais le principe de cette invitation, c'est l'idée d'engager un véritable commissariat  et donc une vision personnelle – à partir d’une collection. En l’occurrence, je suis très heureux de la proposition de Keren dans le sens où les liens qu’elle a établis entre nombre des œuvres sélectionnées sont tout à fait inédits. Associer Jean-Luc Verna et Carl Andre ou Gilberto Zorio, il fallait oser… Ensuite, d’un point de vue concret, nous avons mis tout en œuvre entre nos deux Frac et la Communauté d’agglomération de Marne-et-Gondoire pour que le projet puisse se faire dans les meilleures conditions.

KD : C’est toujours intéressant de changer de contexte et de voir d’autres manières de faire. Cette collaboration était enrichissante pour nous tous.  

                                                                                                                                         

Est-ce que vous renouvellerez l’expérience avec d’autres Frac ou d’autres collections ?

XF : Comme je le disais, le projet mené au Château de Rentilly consiste à montrer des collections. Dès lors, il va sans dire qu’inviter d’autres Frac apparaît comme une évidence. De plus, alors qu’on entend souvent que les collections des Frac sont peu visibles – ce qui n’est pas juste quand on sait les programmes de diffusion de chacun d’eux –, j’aime beaucoup cette idée qu’il y ait en France un Frac dont l’un des projets consiste précisément à montrer très régulièrement ces collections. Il y aura donc bien d’autres Frac à découvrir à l’avenir à Rentilly…

 

 

En savoir plus sur l'exposition

 

 

Vue de l'exposition Le Paradoxe de l'Iceberg. frac île-de-france, le château, Rentilly. Au 1er plan :  Pier Paolo Calzolari, Piombo rosa, 1968. Collection Frac Grand Large — Hauts-de-France © Pier Paolo Calzolari.Photo Martin Argyroglo

 


Vue de l'exposition Le Paradoxe de l'Iceberg. frac île-de-france, le château, Rentilly. A gauche : Emmanuel Pereire, Leçons de peinture (n° 11, 12, 17, 20), 1976. Collection Frac Grand Large — Hauts-de-France. Au fond : ensemble d'œuvres de Christine Deknuydt. Collection Frac Grand Large - Hauts–de-France. Photo Martin Argyroglo

 

 

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04/01/18

Entretien avec Sarah Feuillas, jeune artiste invitée au Frac Grand Large  Hauts-de-France

 

Sarah Feuillas, artiste en résidence à la Malterie à Lille et exposée au Frac Grand Large – Hauts-de-FrancePermanent Déplacement (septembre – décembre 2017), revient sur la genèse de sa collaboration avec le Frac.


© Armand Morin


Comment se sont déroulés la rencontre et le début du projet avec le FRAC Grand Large – Hauts-de-France ?

 

Sarah Feuillas : Premièrement, grâce au réseau transfrontalier d’art contemporain 50° nord qui fédère des structures d’art contemporain et qui développe des projets artistiques dans des contextes très divers dont la biennale jeune création Watch This Space. Ce programme dédié à l’accompagnement émergent fait appel à des structures culturelles qui invitent un artiste à intervenir sous différentes formes et le soutiennent dans son projet. J’ai postulé à la biennale et Keren Detton, Directrice du Frac Grand Large – Hauts-de-France, a sélectionné ma candidature. À partir de février 2017, j’ai pu suivre une résidence de six mois sur le plateau de la Malterie à Lille afin de produire des pièces qui ont ensuite été montrées lors d’une exposition au Frac Grand Large dans un espace de 200 mètres carrés.

 

Comment avez-vous perçu, au départ cette invitation à concevoir ? Quels en étaient pour vous les enjeux ?

 

Sarah Feuillas : Cette invitation du Frac Grand Large a été une magnifique opportunité et j’ai été touchée par l’attention et l’accompagnement dédiés à mon projet. Je ne me suis pas sentie comme une jeune artiste, mais comme une artiste invitée. Après des études aux Beaux-Arts de Paris et un post-diplôme à l’École du Louvre en 2011, j’ai débuté un projet artistique autour du verre soufflé. L’enjeu de cette invitation était de pouvoir avancer et finaliser mon projet, d’apporter un autre souffle à la matière et un nouveau regard sur cette technique ancestrale. J’ai eu l’opportunité de rencontrer un artisan verrier à l’Atelier-Musée du Verre de Trélon qui est spécialisé dans l’industrie de verre et j’ai pu expérimenter différentes techniques. J’ai eu la possibilité de souffler mes propres pièces et le fait que nous soyons deux souffleurs à travailler sur le même moule était inédit. Pour ce projet, j’ai reçu une bourse de la biennale Watch This Space ainsi qu’un accompagnement financier de la Malterie de Lille et du Frac Grand Large.

 

En quoi cette expérience de soutien à la création a nourri votre pratique d’artiste ?

Et quelle approche avez-vous souhaité adopter pour concevoir cette exposition au Frac Grand Large ?

 

Sarah Feuillas : Lors de cette expérience, j’ai pu produire mes pièces grâce à l’éventail d’outils mis à disposition et nourrir ma démarche grâce à plusieurs rencontres déterminantes. Pour l’exposition au Frac, Keren Detton m’a proposé de dialoguer avec un artiste récemment acquis dans les collections. Notre choix s’est porté vers l’artiste autrichienne Aglaia Konrad car nos démarches se répondent : nous nous intéressons à l’architecture et aux paysages transformés par les hommes. La photographie tient également une place importante dans nos pratiques. Lors de la résidence, j’ai donc produit mes pièces tout en pensant à l’exposition qui se préparait au Frac. Keren Detton a eu un regard très juste sur la disposition de nos pièces dans l’espace. Elle a écrit un texte fabuleux sur la déambulation et la fragilité, deux notions qui sont au cœur de mon travail. L’exposition Permanent Déplacement (septembre – décembre 2017), s’inspire donc de nos voyages et se découvre par une déambulation entre nos sculptures et nos images.

 

Sarah, selon vous, que représente le soutien des FRAC à la jeune création pour le développement du parcours d’un artiste ?

 

Sarah Feuillas : Ce soutien apporté par le Frac Grand Large a été un vrai tremplin dans ma carrière d’artiste. Originaire de Paris, ce projet m’a permis de m’inscrire sur ce territoire qu’est la région Hauts-de-France et ces collaborations ont débouché sur plusieurs propositions de projets en France et à l’étranger. En 2018, j’ai été sélectionnée par la Ville de Lille pour participer à la résidence de l’Atelier Wicar situé à Rome, dont la Ville de Lille dispose depuis 1837. J’ai également exposé à la 67e édition de Jeune création à la galerie Thaddaeus Ropac à Pantin. À cette occasion, j’ai reçu un prix pour participer en mars 2018 à la résidence Eden créée par l’artiste français Sylvain Couzinet-Jacques. Cette résidence se déroule en Caroline du Nord aux États-Unis. Au mois d’avril prochain, je participerai également au premier volet de la résidence - exposition Devenir qui se tiendra au Collège des Bernardins à Paris. Le soutien des FRAC dans le parcours d’un jeune artiste est un déclencheur d’opportunités.

 

En savoir plus sur l'exposition

 

 

 

 

Photographies de l'exposition Permanent Déplacement au Frac Grand-Large prises par Aurélien Mole.