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2015

Où poser la tête ? 2/2

Exposition collective à partir de la collection du FRAC Réunion

Du 7 November 2015 au 24 January 2016

  • Chapitres 4,5,6 - Maison Bédier
Henri Michaux
Où poser la tête ? (1985)

 

La question du portrait et de l'autoportrait fait partie intégrante de l'histoire de l'art, depuis les peintures pariétales jusqu'aux photographies de Cindy Sherman, en passant par les portraits du Fayoum, les peintures de Rembrandt, de Frida Kahlo, de Marlène Dumas, les sérigraphies d'Andy Warhol ou encore les sculptures de Stephan Balkenhol. Peu importe le support et la technique, les artistes représentent inlassablement non seulement leur propre visage, mais aussi ceux de leurs contemporains. Henri Michaux, poète et artiste, a su décrypter la nécessité de dessiner, de peindre, de sculpter, de photographier ou de filmer ses images de soi et d'autrui. Il s'attache notamment à l'analyse du dessin d'enfant. Dès notre plus jeune âge, le crayon à la main, nous traçons des formes, qui, peu à peu, se précisent et se révèlent : un rond dans lequel viennent s'inscrire ce qui s'apparente à des yeux, un nez, une bouche, des cheveux. « La trace linéaire laissée sur le papier lui rappelle quelqu'un, la mère ou le père ; l'homme déjà, l'homme représentant tous les hommes, l'homme même. » Rapidement les dessins se tournent vers une forme d'autoreprésentation ou bien de représentation des autres, nos proches, des êtres connus, inconnus ou imaginaires. Par extension, le dessin génère une vision de la société et plus largement du monde. Une vision multiforme que les artistes s'emploient à poursuivre, à élargir et à préciser. Les [auto]portraits agissent par échos. Alors, l'œuvre fonctionne comme un miroir à la surface duquel l'artiste, son environnement et son histoire se reflètent.

Les [auto]portraits engagent différentes questions : l'affirmation ou bien la remise en question d'un statut (celui de l'artiste), d'une identité (artistique, culturelle, sexuelle), d'une vision critique, politique, poétique des autres et/ou de soi. Ils engendrent un ensemble de sentiments à la fois complémentaires et contradictoires : le trouble, l'identification, le rejet, la crainte, l'empathie, le doute. Pourtant, la fascination prédomine, l'irrésistible tête-à-tête entre le regardeur et le sujet provoque une pluralité de réactions. Les [auto]portraits activent une dissonance et une complexité inhérentes à la nature humaine. L'exposition Où poser la tête ? est nourrie de ses différents champs de recherche et de ces différents sentiments qui façonnent l'expérience de chacun. Le titre de l'exposition est une interrogation : Où poser la tête ? Qui suis-je ? Qui es-tu ? Comment se représenter et représenter l'autre ? Que nous disent les portraits et autoportraits ? Comment se positionner dans le monde ? Comment les genres du portrait et de l'autoportrait participent à une volonté de résistance et de revendication ? Quelle est leur part politique ? De nombreuses questions posées à travers une sélection d'œuvres produites par vingt-six artistes qui ouvrent le champ de la représentation de soi et de l'autre entre l'Afrique, la zone Océan Indien, l'Asie et l'Europe. Les œuvres formulent un dialogue où les regards politiques et poétiques se croisent et s'entrechoquent selon différents axes de réflexion : le portrait - un art traditionnel, l'archive, le corps, l'intime, le masque et la performativité de soi. Les œuvres attestent d'une ambiguïté constante et d'une pluralité (des formes et des discours) nourrie de mouvements et de perturbations. Les problématiques politiques traversent l'exposition en questionnant les identités, l'histoire, la mémoire et le genre. Qu'ils soient traités de manière directe ou indirecte, les [auto]portraits traduisent un mouvement, celui d'une performance continuelle des corps, des identités et des idées.

 

MICHAUX, Henri. « Essais d'enfants dessins d'enfants » in Déplacements dégagements.

Paris : Gallimard, 1985, p.58.

 

Commissariat : Julie Crenn


Christiane Geoffroy, On dirait que j'étais... l'Archipel des Kerguelen

Du 28 August au 30 October 2015

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2014

Outside
Mary Sibande

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Du 1er November 2014 au 1er March 2015

 

Vernissage le 31 octobre 2014 à 18h00
Lieu : Musée Léon Dierx

Exposition organisée par le Musée Léon Dierx et le Frac Réunion


Mary Sibande est une jeune artiste plasticienne sud-africaine, née en 1982 à Barberton dans la province du Mpumalanga située au nord-ouest du pays.

Elle vit et travaille à Johannesburg. (...)

 

Sophie
Mary Sibande crée en 2007 son personnage, un alter ego de résine à taille humaine, composé de moulages de chaque partie de son propre corps, collés bout à bout. L'artiste raconte l'histoire de cette héroïne à la peau très noire, plongée dans un monde imaginaire les yeux toujours clos. Elle la surnomme, «Sophie», faisant référence à ces prénoms à consonance européenne communément attribués aux domestiques noires sud-africaines par leurs employeurs blancs. (...)
Á travers son clone, l'artiste rend hommage aux femmes de sa famille : «Depuis mon arrière grand-mère jusqu'à ma mère, toutes les femmes de ma famille ont travaillé comme domestique. Une génération remplaçait la précédente. Nous formons une lignée de serviteurs. J'étais moi aussi destinée à en devenir un ; j'ai voulu créer le personnage de Sophie, c'est en partie pour ne pas rompre avec mon histoire ».
En faisant des études d'art, Mary Sibande a décidé d'arrêter le cours de l'histoire. Elle ne sera pas une employée de maison. Sa chance, comme pour une partie de la jeune génération sud-africaine, est d'être née dans les années 1980 et d'avoir eu l'opportunité de reprendre son destin en main. Auparavant, il n'y avait pas d'autre choix dans l'apartheid pour une femme noire des townships.
Mais au-delà, les traits de Sophie en font une représentation symbolique et littérale de beaucoup de femmes de la société sud-africaine. Le travail de Mary Sibande est à la fois un travail personnel d'introspection et un exercice d'analyse et de critique sur la construction de l'identité dans le contexte post-apartheid de la société sud-africaine ; elle tente également de critiquer les représentations stéréotypées des femmes. Une étude qui porte un regard tantôt noir, tantôt optimiste, sur le poids du passé et l'avenir de son pays et de ses habitants.

La nouvelle Sophie
Dans les œuvres plus récentes de Mary Sibande, Sophie a franchi une autre étape de sa vie ; elle revient sous une autre forme et pénètre dans une autre dimension. La plasticienne reconnaît avoir eu besoin de grandir en tant qu'artiste et de se remettre en question.
Le nouveau corpus d'œuvres parle d'elle, de ses désirs, de ses inquiétudes et de ses expériences. L'artiste revisite son personnage familier et se dessaisit du fardeau de l'histoire de ses ancêtres domestiques. Désormais, un nouveau chapitre s'ouvre sur « la nouvelle Sophie » que l'on découvre en pleine mutation, couverte de tentacules et de formes cousues à la main.
Et il y a la couleur, élément important en Afrique du Sud. Le violet suscite toutes sortes d'associations symboliques et historiques. Il a longtemps été la couleur de la magie, mais aussi de la tristesse. En anglais, violet se dit «purple» : le pourpre, couleur depuis toujours associée à la royauté ou à la noblesse, notamment en Angleterre.
En Afrique du Sud, le violet fait aussi référence aux années 1980. Le pays vit alors une période de transition et de lutte pour l'abolition de l'apartheid. Lors d'une marche protestataire au Cap, les policiers aspergent les manifestants avec un jet d'eau colorée à l'encre violette, afin de les marquer pour les identifier et permettre leur arrestation. (...)

L'œuvre exposée au musée Léon Dierx (...) propose une installation de deux sculptures grandeur réelle, l'une en bleu, l'autre en mauve. Dans cette œuvre apparaît pour la dernière fois une Sophie en bleu, couleur majeure auparavant dans l'œuvre de Sibande.
L'ancienne Sophie et la nouvelle Sophie se rencontrent et se font face dans un mouvement de tension réciproque et contradictoire. L'attitude de la nouvelle Sophie, qui n'est plus figée, traduit la peur et l'anxiété : cette angoisse inhérente à toute période de transition lorsque l'on passe du connu à l'inconnu.

Extraits traduits de :
Mary Sibande, The Purple Shall Govern, Johannesburg, Gallery MOMO, 2013

 

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Mary Sibande, Terrible beauty, 2013
Photographie, tirage numérique
Courtesy Momo gallery

Labyrinthe de l’esprit

Rivelino Mammosa et Richard Riani

Du 16 October au 19 December 2014

 

Exposition collective

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Fleur bleue, être sentimentale (suite)

Myriam Omar Awadi

Du 3 May au 6 June 2014

 

La recherche artistique de Myriam Omar Awadi exprime qu'un travail pensé de l'art et sur l'art, peut être sensible. Et ce que propose l'artiste est délicat, dans toutes les acceptions de ce terme. Il semble que les phases poïétique et esthétique, constituant ces deux moments en amont et aval de la création, s'entrecroisent et amènent un imaginaire original de l'exposition. La manière, notamment, de montrer des dessins, tels qu'ils sont conservés, autorise le spectateur à entrer dans les réserves, à ouvrir les tiroirs pour y trouver des « images » qui sont des desseins. Il s'agit donc pour le Frac Réunion, partenaire aux côtés de la ville de Saint-Leu et du Séchoir dans la réalisation de ce projet proposé par l'artiste, de faire partager au plus large public «Fleur bleue, être sentimentale (suite)».

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2011

Outside
Samuel Fosso, autoportraits 1970-2008

Tout le monde se sent beau...

Du 15 September 2011 au 15 September 2012

 

L'Institut Français du Sénégal à Dakar a accueilli en début d'année une des premières expositions monographiques de Samuel Fosso en Afrique. Regroupant trois séries représentatives de la démarche singulière de ce photographe camerounais, la sélection présentait trente quatre photographies acquises par le Frac Réunion. Cette exposition sera itinérante tout au long de 2011 et de 2012 sur le continent africain et dans l'océan Indien.


Itinérance de l'exposition en 2011 - 2012

Guinée Équatoriale, Centre Culturel Français de Conakry / Gabon, Centre Culturel Français Saint Exupéry de Libreville / République Centrafricaine, Alliance Française de Bangui / Tchad, Centre Culturel Français de N'Djamena / Sao Tomé, Alliance Française de Sao Tomé / Zimbabwe, Alliances Française de Bulawayo et d'Harare / Mozambique, Centre Culturel Franco-mozambicain / Madagascar, Institut français d'Antananarivo 

Outside
Artempo 2011, Art dans l’espace public

Du 10 au 14 May 2011

 

Festival ARTEMPO du 11 au 14 mai 2011 de 10H00 à 0h00
Ville de Saint Leu - Ile de La Réunion - 209 rue du Général Lambert - 97436 Saint-Leu
Tél : FRAC Réunion 02 62 21 80 29 ou Le Séchoir 02 62 34 31 38
www.lesechoir.com
Renseignements : fracreunion@orange.fr

 

Le Frac Réunion réalise le volet « art dans l'espace public » du Festival Leu Tempo présenté par Le Séchoir à Saint-Leu.

Pour l'édition 2011, les Blanche-Neige de Catherine Baÿ investissent la ville, accompagnées des installations et des performances de Yohan Queland de Saint-Pern, Richard Vildeman, Bastiste Vignol, Xavier Daniel et Guillaume Lebourg.

Srinivasa Prasad

Du 22 April au 22 May 2011

 

Cette exposition présente les travaux issus de la résidence de création de Srinivasa Prasad à la Réunion. Cet artiste de Bangalore en Inde développe un travail de performance et d'installation qui se réfère aux pratiques et traditions de son pays.

2010

Outside
Territoire(s)

Oeuvres de la collection du Frac Réunion

Du 27 August au 26 September 2010

Médiathèque du Tampon - 20 rue Victor le Vigoureux - 97 430 Le Tampon

Exposition ouverte du mardi au samedi - de 12h à 18h

t : 02 62 55 02 19

www.mediatheque-tampon.fr

 

Cette exposition présente une sélection d'oeuvres vidéo ou photographique issues de la collection du Frac Réunion. Ces pièces, dont certaines viennent d'être récemment acquises, se font l'écho d'une approche intime de la notion de Territoire. Comment rendre visible son appréhension d'une géographie, d'un paysage ? Les oeuvres proposées nous montrent ce qui est à percevoir de ce rapport complexe que chacun entretient avec l'espace dans lequel il évolue.

 

Artistes exposés : Jack BENG-THI, Edith DEKYNTD, Hervé DOURIS, Thierry FONTAINE, Myriam MIHINDOU, Joe RACTLIFFE, Nils UDO

Outside
ARTEMPO / Art Espaces Publics

Joël Hubaut, Wilhiam Zitte, Kid Kréol & Boogie, Lionel Laurent, Panda Crew

Du 11 au 15 May 2010

Parc du 20 Décembre ville de Saint-Leu / Le Séchoir, scène conventionnée -209 rue du Général Lambert 97436 Saint-Leu, Ile de La Réunion

T. 02 62 34 31 38 www.lesechoir.com. Ouvert de 10h à 22h, entrée libre.

 

Avec ARTEMPO, le Frac envahit les espaces publics. Murs, places, ruelles, façades, jardins... La frontière entre arts vivants et arts visuels s'estompe lorsqu'il s'agit de créer in situ des œuvres éphémères.

Invité d'honneur et auteur de signes « épidémik », Joël Hubaut présentera des projets inédits entre troc géant coloré, performance très rock&roll et dissémination d'animaux vivants au cœur du festival. En parcourant le centre-ville, on découvrira des installations interactives de Wilhiam Zitte, les éruptions urbaines de Kid Kréol & Boogie pour qui la rue est un terrain de jeu quotidien, les personnages très graphiques de Pandacrew envahiront les murs et Lionel Lauret présentera sa Tribu itinérante à la fois virtuelle, endémique et universelle.

2009

Dans le cadre du week-end portes ouvertes des Frac

Le 17 October 2009

Samedi 17 octobre à 15h Rencontre publique à la Villa de la Région avec Barthélémy Toguo autour de son travail et de l’exposition qu’il présente

Outside
Barthélemy Toguo, ...et la parole fut

Du 16 October au 8 November 2009

Villa de la Région • 49, rue de Paris 97400 Saint-Denis de La Réunion

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 17h

Le Frac Réunion ouvre en octobre 2009 son programme de résidence de création à un artiste du continent africain : Barthélémy Toguo. Orientée vers le dessin contemporain, cette résidence in situ est accompagnée d’un workshop et d’une exposition personnelle.

Outside
Collections Croisées, figures et portraits

Du 27 June au 1er November 2009

Musée Léon Dierx • 1, rue de Paris 97400 Saint-Denis de La Réunion  

Ouvert du mardi au dimanche de 9h30 à 17h30

Consacrée aux figures et aux portraits, cette exposition aborde le thème de la représentation figurée à travers un choix d’œuvres des collections du Musée Léon Dierx, de l’Artothèque du Département et du Frac Réunion. 

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Vue de l'exposition Collections croisées au musée Léon Dierx à Saint-Denis de la Réunion
Photo : D.R.

2002

Wilhiam Zitte — Pléiades 974

Le 1er January 2002

L'exposition Pléiades 974

Wilhiam Zitte développe à partir des années 80 un vocabulaire autour de l’image de l’homme noir, de l’esclave et de sa descendance dans le monde créole (il forge à ce moment là son concept d’artcréologie).
La censure de son « soldat noir armé », de l’homme fuyant l’asservissement, a établi le geste pictural de l’artiste dans un acte d’engagement plus global, animé d’un devoir de mémoire.
Ses propositions prolifèrent, de l’église à l’espace public, en passant par des lieux plus institutionnels de l’art. Elles vont et viennent de l’oeuvre unique aux multiples. L’artiste croise aisément le peint et le non-peint ou pouvoir de représentation et de non-représentation.
Choisir cet artiste comme commissaire de l’exposition régionale est, pour la nouvelle direction, une manière de matérialiser son projet triennal de réunion des «imagies» issues de la rencontre et de la diversité des peuplements qui ont constitué l’île dès ses débuts. La collection du FRAC Réunion n’étant pas connue du grand public local, avec Pléiades 974, intitulé de l’exposition, Wilhiam Zitte souhaite la rendre visible dans un dispositif en croix, délimitant 4 espaces se référant aux 4 directions qui se succèdent de 1986 à 2011, plus 1 en 2012. Le spectateur pourra voir l’ensemble de la collection via sa reproduction en vignettes et faire un état des lieux de la création de l’océan indien, via la présence matérielle des oeuvres de la région.

Wilhiam Zitte
Artiste - Né en 1955, France

Né en 1955 à St Benoît. A partir de 1990, les activités de l'artiste deviennent apparentes aux yeux du public. Il a 35 ans lorsque sa peinture est remarquée lors des manifestations du Bicentenaire de la commune de St Leu. Il travaille sur la restauration de l'image du Noir à l'île de La Réunion, via son concept d'archréologie. Son art s'est constitué dans un environnement artistique éclectique en Europe et dans l'Océan Indien. Il aime les matériaux dits « pauvres » : de la récupération, du vécu et du vivant.

Jack Ben-Thi, Les bouts de bois hurlant, 1991
Installation
© Droits réservé



Wilhiam Zitte, Au plaisir du colon, 1991, huile sur toile
Collection FRAC Réunion
Photo © Droits réservés

Dates

Informations pratiques

Vernissage le 5 juillet 2013 à 17h30

FRAC Réunion
Maison Bédier - 6 allée des Flamboyants
Stella Matutina
97424 Piton-Saint-Leu

 

Wilhiam Zitte parle des FRAC

Pour vous, qu'est-ce qu'un FRAC ?

Le FRAC de la Réunion est une structure institutionnelle d'acquisition et de diffusion de l'art qui occupe une place privilégiée dans le paysage artistique de l'océan Indien. Il s'ajoute aux structures culturelles pérennes du Département, de la Région et de l'État. Son existence a été menacée en 2002. Les artistes réunionnais ont demandé qu'il soit réactivé, ce qui a été fait avec la création d'un EPCC (Établissement public de coopération culturelle) qui lui a donné des conditions de viabilité et des gages de fiabilité pour l'avenir.

Quelle est votre expérience la plus marquante menée avec un FRAC ?
L'exposition Ancêtre et visions en 1999 a permis de confronter pour la première fois des œuvres monumentales d'artistes malgaches et réunionnais, dans l'enceinte portuaire (hangar D2) de la Pointe des Galets à La Réunion, puis à Madagascar. Un moment exceptionnel qui a inversé l'isolement des artistes des deux îles. La distance est moins grande entre Paris et la Réunion que de Tananarive à Saint-Denis de La Réunion...

Un souvenir lié à une rencontre particulière avec le public ?
En 2010, le FRAC m'a invité à exposer dans la ville de Saint-Leu où j'habitais depuis trente ans et d'où est originaire ma famille paternelle. J'ai voulu remercier les habitants pour l'accueil qu'ils ont réservé à ma création artistique. Me sentant soutenu dans mes initiatives, j'ai conçu l'exposition Ou rèv ou krèv pour le marché aux poissons (un bâtiment du centre-ville abandonné depuis des années, où Jean, un SDF, avait élu domicile). Ce projet n'a pas plu au maire nouvellement élu de la cité et, pour des raisons de sécurité, il a été exilé dans la savane herbeuse, à Artsenik (galerie alternative dynamique qui encourage la création d'artistes majoritairement à expression identitaire réunionnaise), un lieu dont je suis familier.
De façon « marronne », j'ai néanmoins occupé le marché aux poissons en installant mes pochoirs derrière les grilles du bâtiment. Le public a adopté mes Tèt Kaf et mon Vandèr poison de façon spontanée et réconfortante. Ce qui a conduit les autorités à laisser en place mon installation « subversive »...

Comment voyez-vous votre travail avec les FRAC dans l'avenir ?
Soutenir les actions du FRAC Réunion est pour moi une obligation. J'ai milité afin que la structure se relève de la liquidation judiciaire qui plombait son avenir. Le FRAC est prometteur de belles réalisations artistiques, grâce à une direction nouvelle et à un emplacement rénové. Le nomadisme intérieur ne facilite pas la gestion des collections, la fidélisation des publics concernés, ni la diffusion locale et régionale (océan Indien).
Je m'associe aux actions qui permettent d'affirmer et de consolider les créations de la zone géographique indianocéanique pour qu'elles s'inscrivent sans complexe au sein des valeurs nationales.

Les Pléiades, exposition collective réunissant les 23 FRAC aux Abattoirs - FRAC Midi-Pyrénées de Toulouse, du 28 septembre au 5 janvier 2013. Projet du FRAC Réunion. Œuvres de Gilbert Clain, Jean-Luc Gigan, Catherine Boyer, Sammy Baloji, Mary Sibande et Stéphane Kenkle. Collection FRAC Réunion. Photo : Cédrick Eymenier