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2016

Tàpies : Parla, parla

Du 12 February au 22 May 2016

 

Plus importante monographie consacrée à l'artiste en France depuis sa disparition en 2012, en collaboration avec la Fundació Tàpies, cette exposition parcourt l'œuvre d'un des principaux artistes européens de la seconde moitié du XXe siècle. Des dessins surréalistes des années 1940, aux grands murs et assemblages de la fin des années 1990, une cinquantaine de pièces seront présentées dans un déroulé à la fois chronologique et thématique.

 

Expérimentations sur la matière ou inclusion dans le tableau de l'écriture et de la vie quotidienne, le travail de Tàpies accompagne les grands mouvements artistiques de ces cinquante dernières années.

 

La Fundació Antoni Tàpies (Barcelone) et les Abattoirs (Toulouse) ont un lien commun : l'œuvre d'Antoni Tàpies. Ce dernier est représenté à travers 8 œuvres dans la collection française (dont une rare peinture de sable de 1956), et la Fundació détient un ensemble exceptionnel de ses travaux, de par la volonté même de l'artiste. Davantage encore, c'est sur un moment historique partagé de l'histoire de l'art, celui de l'expérimentation artistique dans l'après-guerre dans un contexte international nourri par les leçons des avant-gardes, que les deux institutions se retrouvent.

Au début de l'année 2016, les Abattoirs et la Fundació Antoni Tàpies collaborent sous la forme d'un échange de leurs collections. Leur ambition est de permettre au public de situer l'émergence et le développement de l'œuvre de Tàpies dans le contexte d'une redéfinition forte de l'art dans les années 1950 et d'approcher le caractère résolument expérimental de son travail sur plus d'un demi-siècle.

À Barcelone, l'exposition "Documents d'acció. Obres de les col·leccions Denney i Cordier (1947-1965)" (27 janvier 2015 - 22 mai 2016) de la Fundació Antoni Tàpies propose la présentation d'une soixantaine d'œuvres de la collection des Abattoirs - et plus particulièrement du fonds Anthony Denney, un des premiers collectionneurs de l'artistec'est autour de la notion d'un "art autre" développé par le critique Michel Tapié en 1952. Cette présentation situe l'œuvre dans une constellation où se croisent Henri Michaux, Alberto Burri ou encore les peintres japonais du mouvement Gutaï, tous engagés selon les mots de Michel Tapié dans une "fantastique proposition d'aventure totale de ce que nous savons être notre avenir."

 

À Toulouse, l'exposition débute par la présentation complète de la série Història natural (Histoire naturelle) réalisée par Tàpies en 1951. C'est par cette entrée, qu'elle entreprend, à travers une soixantaine d'œuvres, un parcours qui culmine avec Parla, Parla, une des œuvres maîtresses de l'artiste. L'exposition est conduite sur l'hypothèse d'une lecture de l'œuvre qui procède par analogie, par sympathie pour agglomérer à partir de ses formes une suite de discours sur le quotidien, la mémoire, la nature ou encore l'illusion.

L'exposition ne se déroule pas selon un parcours chronologique mais se décline en sept ensembles, déduits à partir d'une œuvre ou d'un groupe de travaux. "Terre d'illusion", "Histoire naturelle", "Complémentaire", "Combinaisons", "Envers", "Dépose" et "Quotidien" sont les sept chapitres de cette exposition.

 

Si elle est notée comme centrale dans la seconde moitié du XXe siècle, l'œuvre de Tàpies garde une pertinence contemporaine décisive. Aussi, c'est dans une structure conçue par Guillaume Leblon en 2012 (Je jouais avec les chiens et je voyais le ciel et je voyais l'air) que sont présentées certaines de ses sculptures. Ce dialogue est prolongé par la présentation à l'étage inférieur de National Monument, œuvre offerte aux Abattoirs en 2014 par l'artiste français.

 

Antoni Tàpies, "Parla, parla"
© Fundació Antoni Tàpies, Barcelona / Vegap

Collections : Élémentaires

Du 12 February au 22 May 2016

 

L'eau, l'air, la terre, le feu se retrouvent de manière directe ou figurée dans les travaux de Lucie Laflorentie, Guillaume Leblon, Lucy Skaer, Mario Merz et Michael E. Smith présentés dans ce nouvel accrochage de la collection.

 

En trois temps, croisant sculptures et images, mêlant artistes d'horizon et de générations différentes, cette présentation affiche les quatre éléments comme supports de développement poétiques et allégoriques.

 

Lucy Skaer, "The Good Ship Blank and Ballast", 2010-2012 (détail)

Courtesy the artist and Tulips & Roses, Brussels

 

2015

Outside
Dévider le réel : autour des nouvelles acquisitions

Du 18 September 2015 au 17 January 2016

 

Empruntant son titre à un essai publié par le critique d'art Michel Tapié en 1952, ce nouvel accrochage de la collection des Abattoirs suggère une poursuite entre l'art et le réel.
« Dévider le réel », ce n'est pas le vider pour l'épuiser, mais le dérouler, le devancer et courir après lui pour rendre compte de son intensité. La vingtaine d'œuvres regroupées ici résonnent de notre rapport au temps, à l'actualité et à l'histoire.
Elles pointent l'écriture de récits intimes dont la résonance est collective, inventent des formes surprenantes mais étonnamment familières et placent leur spectateur dans une situation d'indécision quant à ce que nous devrions communément nommer "réel".

Avec les travaux de Paulien Barbas, Oliver Beer, Ben, Matthias Bruggmann, Emmanuelle Antille, Emmanuelle Castellan, Olivier Dollinger, Louise Hopkins, Pierre Leguillon, Jochen Lempert, Claude Lévêque, Alfonso Ossorio, Valerie Snobeck, Thu Van Tran, Tristan Tzara...

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Matthias Bruggmann, MG_0369, 2011
Collection les Abattoirs-Frac Midi-Pyrénées © Droits réservés.
Photo : courtesy de l’artiste et galerie Polaris, Paris

Outside
Picasso, Horizon Mytholohique

Du 18 September 2015 au 31 January 2016

 

Avec le soutien exceptionnel du Musée national Picasso-Paris dans le cadre de son 30e anniversaire.
À fin des années 1910, Picasso trouve dans les paysages de bord de mer un lieu où poser ses inventions et histoires. La jonction du ciel, de la terre et de la mer délimite un espace où déployer ses inventions anatomiques et ses vues fantasmatiques. Les figures au bord de la mer peintes en 1931 seront une des œuvres les plus déterminantes de sa production.
Quelques années plus tard, en 1936, la gouache de La Dépouille du Minotaure en costume d'Arlequin est une véritable mise en scène dans un décor de théâtre épuré, un rivage indéterminé. C'est d'ailleurs cette œuvre que l'artiste utilisera pour concevoir le rideau de scène du 14 Juillet de Romain Rolland offert 30 ans plus tard à la Ville de Toulouse.
Sous le titre de "Picasso Horizon Mythologique", cette exposition regroupe au côté de ces deux œuvres une vingtaine de peintures, dessins et sculptures réalisés entre 1919 et 1951.

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Pablo PICASSO, La Dépouille du Minotaure en costume d'Arlequin, 28/05/1936
© Succession Picasso. (C) RMN-Grand Palais (musée Picasso de Paris) © Thierry Le Mage

2014

Extraits et extractions

Du 3 October 2014 au 4 January 2015

 

Une présentation de la collection des Abattoirs avec des travaux de Dove Allouche, Alberto Burri, Jean Dubuffet, Anthony McCall, Cildo Meireles, Pat O'Neill, Jean-Paul Riopelle, Ben Russell, Shozo Shimamoto, Antoni Tàpies, Chiyu Uemae, Toshio Yoshida, ...

 

L'exposition Extraits et extractions se déploie sur la partie gauche du rez-de-chaussée et dans les salles du sous-sol pour offrir une coupe dans la collection des Abattoirs. Des années 1950 à nos jours, elle aborde celle-ci sous l'angle de la "ressource", en relation avec le projet Anthropocène monument présentée simultanément. Chacune des œuvres présentées ici résulte d'une extraction faite dans des matières physiques (la terre, l'eau), iconographiques (des images), voire des éléments (le feu, l'air). Ce geste, réel ou symbolique, vise à la saisie par les artistes de leur environnement.

 

Une salle est consacrée aux abstractions informelles et matiéristes des années 1950 (Dubuffet, mais aussi Tàpies, Riopelle ou les tableaux de Shimamoto ou Uemae, membres de Gutaï). Elle rappelle les obsessions terriennes de l'immédiate après-guerre. Dans les années zéro qui suivent le traumatisme, les artistes explorent de manière radicale le monde. Ils reviennent jusqu'à ses racines, sa matière brute. Impliquant parfois leurs corps, ils laissent des marques et des griffures, ils expérimentent de nouvelles liaisons entre nature et culture et redéfinissent les instants de transformation du monde en œuvre.

 

Une vingtaine d'années plus tard, avec Runs good (1970), film en trois écrans, l'américain Pat O'Neill (1939, Los Angeles, USA) se remémore les pulsions productives, industrielles et destructives des mêmes années à travers, selon ses termes, un "voyage sombre pour revisiter des événements, actualités et traditions populaires associées aux années 1940 et 1950". Ici c'est un monde d'images qui est rebattu dans des distorsions chromatiques et optiques. À côté de ces couleurs, la monochromie des dessins de Dove Allouche (1972, Sarcelles) n'est pas un contrepoint. Elle participe au contraire du même processus de forage, de remémoration. Son Paysage de Somme achevé en 2014 a été dessiné à partir d'une vue stéréoscopique d'un paysage dévasté par les impacts de la première guerre mondiale. Dans cet écho à la messe de terre de Dubuffet, la terre est retournée. Il n'y a pas de corps et elle devient son propre charnier.

 

Pour Melanophilia II, Dove Allouche s'est rendu au Portugal à la suite de l'incendie d'une forêt d'eucalyptus. Sur place, il n'a pu rester que quelques minutes, photographiant de manière compulsive et presque automatique le paysage dévasté. Cette centaine d'images, fragments d'un panorama calciné, a ensuite été au centre de sa vie pendant cinq ans. De 2003 à 2008, il s'est attelé à reproduire précisément chacune d'entre elles, noircissant au graphite 140 feuilles qui désignent par la matière et le dessin une nature carbonisée. Dans cet accrochage en grille, les vides correspondent aux périodes de non-activité de l'artiste.

 

Extraits et extractions navigue ainsi entre une matière première recréée, des dessins dans l'espace qui s'apparentent à des percées dans l'air (Anthony McCall, Leaving with four half turns) et des panoramas bouleversés (Trypps #7 (Badlands) de Ben Russell). Là, l'artiste capture le regard intérieur désorienté d'une jeune fille perdue dans les Badlands, territoire indien du Dakota. Ciel et terre s'y rejoignent.

 

C'est dans une confusion sensorielle voisine que s'achève l'exposition avec Marulho de Cildo Meireles (1948, Rio de Janeiro, Brésil). Dans cet environnement, le spectateur surplombe une mer de livres dans laquelle le mot "houle" se fait entendre dans une cinquantaine de langues. "Ressac qui s'affole de tant tourner", selon les mots du poète antillais Edouard Glissant (1928-2011), la houle est ici un extrait sans fin du monde.

 

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Cildo Meireles, "Marulho", photographie J.Juvin

Anthropocène Monument

Du 1er October 2014 au 4 January 2015

 

Sous le titre de "Passion Gaïa", Bruno Latour a développé à Toulouse une série de manifestations dont l'objectif est de saisir la question écologique dans sa globalité. Cette année, c'est en collaboration avec les Abattoirs que se développe le principal événement conduit par Bruno Latour, en collaboration avec Bronislaw Szerszynski, directeur du département de sociologie de Lancaster au Royaume-Uni.


À travers le festival la Novela, la ville de Toulouse s'est associée depuis 2012 avec Bruno Latour.

Directeur de recherche à Sciences Po Paris, Bruno Latour est lauréat du Prix Holberg pour l'ensemble de son œuvre, à la frontière entre l'histoire des sciences, l'esthétique, la sociologie et le politique.


"Anthropocène Monument" s'attache aux bouleversements scientifiques, sociologiques, environnementaux et artistiques contemporains communément regroupés sous le nom d'"Anthropocène". Ce terme désigne une nouvelle époque géologique, dominée par l'action humaine, un temps pendant lequel l'espèce humaine est devenue la force de transformation principale de la terre et dont les origines remontent à la révolution industrielle. L'"Anthropocène" dépasse le domaine géologique, il est synonyme d'un ensemble vertigineux de questions éthiques, politiques et scientifiques. Il désigne un point de non-retour et une remise en cause radicale de nos représentations du monde, notamment de la frontière entre nature et culture.

"Anthropocène Monument" comprend les événements suivants :

- Une exposition de 30 projets envoyés à la suite d'un appel lancé par Bruno Latour, Bronislaw Szerszynski et les Abattoirs, avec les contributions de Lara Almarcegui, Lise Autogena & Joshua Portway, Amy Balkin, Robert Barry, Iain Baxter, Etienne Chambaud, David Claerbout, Mark Dion, Jimmie Durham, Fabien Giraud, Sheela Gowda, Joao Maria Gusmão & Pedro Paiva, Adam Lowe, Nicholas Mangan, Fujiko Nakaya, Tomás Saraceno, Pascale Marthine Tayou et Yesenia Thibault-Picazo.

- Un focus consacré au projet de Tomás Saraceno que les Abattoirs et la Novela souhaitent prolonger sur plusieurs années à travers des recherches dans l'"écosystème" scientifique et industriel toulousain.

- Un colloque international regroupant une vingtaine d'intervenants scientifiques et artistes sur la thématique développée ci-avant. Conduit par Bruno Latour et Bronislaw Szerszynski, il se déroule les journées des 10, 11 et 12 octobre.
Les soirées du 10 et 11 octobre, il est clôturé par une programmation artistique en regard des thématiques de ce colloque.

 

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Nicholas Mangan, "Nauru International Airport Tarmac", 2014. Courtesy of the artist and LABOR mexico

Symétrique Exotique

Du 6 September 2014 au 1er March 2015

 

Ce nouvel accrochage se veut être une critique ludique et poétique de l'exotisme. Il est conçu comme un dialogue entre des œuvres et des artefacts issus du fonds Cordier et des œuvres d'artistes contemporains - provenant pour la plupart de la collection des Abattoirs - dans une perspective clairement postcoloniale.

 

Goût partagé par les élites et artistes européens jusqu'au début du XXe siècle, l'exotisme désigne la fascination pour les voyages et les lointains, un attrait pour les expressions des cultures extra-occidentales, dont les influences peuvent être intégrées aux productions artistiques et culturelles occidentales. Dans son Essai sur l'exotisme (1908), l'écrivain et voyageur français Victor Segalen a sans doute perçu le premier en quoi l'exotisme, ce goût qui reconnaît la nécessité du voyage élégant et du tourisme intellectuel, n'est pas "la compréhension parfaite d'un hors soi-même que l'on étreindrait en soi, mais la perception aigue et immédiate d'une incompréhensibilité éternelle".


La sensibilité exotique réaffirme finalement la distance entre les mondes, entre "eux" et "nous", entre observateurs et observés, conquérants et dominés. Comme l'a montré Edward Saïd au sujet de l'orientalisme, l'exotisme est une stratégie qui vise à produire de la différence culturelle et qui la transforme en distance irréductible ; une stratégie de domination du centre sur les cultures "périphériques" qui se trouvent dès lors "traditionnalisées" et perçues comme "allochroniques", c'est-à-dire hors de l'histoire.

Riche d'objets relevant des "arts premiers" comme de productions d'artistes modernes ou contemporains partageant un certain "primitivisme", la collection offerte par Daniel Cordier au Musée national d'art moderne et déposée aux Abattoirs s'inscrit dans cette histoire - même si c'est, principalement, pour en prendre le contre-pied. Aussi, si elle n'en partage pas les traits évolutionnistes et universalistes, la collection Cordier n'échappe pas complètement aux ambiguïtés de la sensibilité exotique. Cette fascination pour l'art "primitif", perçu comme répertoire de pures formes délectables et comme mythe des origines de l'art moderne en serait une des expressions. Néanmoins, le soin pris par l'intéressé pour constituer dans le même mouvement une collection hybride et sa passion pour des personnalités aussi pertinentes sur ces questions qu'Öyvind Fahlström prouve chez lui le pressentiment d'un tournant critique de la centralité occidentale et européenne, contemporain de la mondialisation.

 

Migrations et diasporas, explosion des flux médiatiques, discours identitaires, généralisation des procédures de citation et de détournement ; le contexte géopolitique contemporain favorise le développement de pratiques créatives d‘appropriation, de créolisation et d'entremêlement des différences comme l'émergence de nouvelles identités culturelles foncièrement hybrides, dans lesquelles l'altérité radicale n'a plus place. Comme l'écrit l'anthropologue français Marc Piault la situation actuelle se caractérise par un "incroyable bricolage mondial" un "remue-ménage improbable où les intentions s'affrontent, se métissent, se mêlent, se dévient ou se brisent dans une perspective largement et heureusement imprescriptible".


Ce nouvel accrochage de la collection Daniel Cordier souhaite questionner cette dimension "exotique", tout en s'inscrivant dans l'actualité esthétique et intellectuelle. Il s'agit de créer, modestement, les conditions propices au retournement du regard propre à la nouvelle configuration mondiale. Nommé par le titre, le moteur principal de cet accrochage consiste à produire de la symétrie, de l'indétermination, à brouiller les lignes de partage entre le colonisateur et le colonisé, l'archaïque et le moderne, l'objet et le sujet traditionnel de l'observation. Ici, tous les "partenaires" sont susceptibles d'être interrogés et troublés par la découverte dans un parcours qui comprend trois ensembles : le retournement poétique des pratiques d'ordonnancement occidental du savoir, les représentations du corps et les gestes d'appropriations. Elle est conclue par la "Bibliothèque potentielle", annexe de la médiathèque des Abattoirs, échappée vers des récits et visions alternatives du monde.

 

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Anonyme (Asie, culture bactriane), Poids avec anse, donation D.Cordier au Mnam, 2010, dépôt aux Abattoirs ; photogr. B.Prévost /Centre Pompidou-Mnam-Cci

Sigmar Polke, la démultiplication de l'humour

Du 31 January au 4 May 2014


Réunissant plus de deux cents œuvres, sérigraphies, lithographies, photographies, posters, sculptures... cette exposition est la première présentation en France de l'intégralité des éditions et multiples réalisés par l'artiste allemand.

En 1967, Sigmar Polke réalise sa première édition avec un carton de forme carré sur lequel est collé une coupure de journal. Le tract annonce la Demonstrative Ausstellung (Exposition démonstrative) qui réunissait dans un grand magasin de Düsseldorf Gerhard Richter, Konrad Luege, Manfred Kuttner et Polke. Entre cet imprimé contemporain de ses années étudiantes et les quatre Dannekers Haussgecko de 2009, grandes lithographies sur toile réalisées peu avant son décès en 2010, Sigmar Polke aura réalisé plus de 200 multiples, éditions et affiches. Comme le prouvait déjà en 2000 le catalogue raisonné de ses travaux écrit par Jürgen Becker et Claus Von der Osten, ce corpus n'est certainement pas un à côté de son œuvre picturale, il est bien le noyau expérimental de celle-ci. C'est dans ses éditions que l'artiste travaillera la trame offset qui deviendra une de ses marques, s'emparera de la photographie avant que celle-ci ne soit pleinement reconnue comme un de ses supports de prédilection, ou manipulera des photocopieuses amenées à devenir par la suite des outils lui permettant de fluidifier l'imagerie environnante.

 

Réalisée grâce au prêt exceptionnel de la collection du Dr. Axel Ciesielski et coproduite avec le Museum für Gegenwarkunst de Siegen, "Sigmar Polke, la démultiplication de l'humour" est la première présentation extensive des éditions de l'artiste en dehors de l'Allemagne. Enrichie par le prêt exceptionnel de quatre toiles lenticulaires de 2007 conservées à Siegen, elle regroupe sur deux niveaux des Abattoirs plus de 200 œuvres selon un déroulé chronologique qui permet d'approcher un travail qui, des secousses du "pop" aux machines optiques, en passant par le psychédélisme et la peinture d'histoire, reste sans comparaison dans l'histoire de l'art de ces cinquante dernières années.
C'est en effet à travers le multiple que se révèlent les faces les plus inventives et dissidentes de Sigmar Polke, son rapport à la contre-culture, à la politique, son héritage revendiqué de Dada et son voisinage avec Fluxus.

 

Parmi les expositions marquantes de Sigmar Polke en France, citons celle du Musée d'art moderne de la ville de Paris en 1988, celle du Carré d'art de Nîmes en 1994 et, plus récemment, celle du Musée des beaux-arts de Grenoble. À partir d'avril 2014 débutera une rétrospective de l'artiste au MoMA (New York), suivie d'itinérances à Londres et Cologne. Mais avec cette présentation complète aux Abattoirs du travail de multiples de Sigmar Polke, c'est bien la question de la reproduction, qui est le sujet principal. Comme celle des plus grands artistes du XXe siècle, l'œuvre de Polke est pensée avec, pour et contre la reproduction. Dans un Musée, les Abattoirs, dont la collection est fortement marquée par une vision de la peinture, basée sur le lyrisme, l'expressivité et le caractère éminemment subjectif, personnel et unique de cet art, le travail de Sigmar Polke montre une autre voie, celle d'une perméabilité résistante aux images et à leurs diffusions massives, de leurs distorsions et de leurs enrichissements.

 

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Sigmar Polke, "Freundinnen I" (détail), 1967 © The Estate of Sigmar Polke / Adagp, Paris

Céleste Boursier-Mougenot, perturbations

Du 31 January au 4 May 2014

 

Depuis une vingtaine d'années, Céleste Boursier-Mougenot travaille ce qu'il nomme lui-même des formes sonores "vivantes", des installations qui déploient dans le temps et l'espace des correspondances, équivalences et aléas entre sculpture et musique.

L'exposition "perturbations" de Céleste Boursier-Mougenot est la première exposition monographique de l'artiste dans un musée en Europe. Elle est marquée par la présentation simultanée de cinq œuvres (dont deux projets inédits) dans les espaces monumentaux des Abattoirs.

 

Errance (off road, 2013) au gré des éléments de trois pianos "préparés", percussions climatiques (averse, 2013) sur une batterie frappée par des rayonnements cosmiques, chants de l'éther captés à l'aide d'un ballon sonde (scanner, 2006) ou distorsions cauchemardesques d'un signal télévisuel (zombiedrone, 2008), les propositions de Céleste Boursier-Mougenot oscillent entre l'écoute du monde, sa transcription instrumentale et sa perturbation. Dans un environnement contemporain définissable par l'immatérialité de ses paysages, ses flots d'informations et de données, le travail de Céleste Boursier-Mougenot tend vers une définition physique, visuelle et sonore du monde. Brouillant les équivalences sonores et visuelles, cette exposition traverse avec ces travaux récents les principaux mouvements d'une œuvre dont les concordances et les occurrences sont rejouées à chaque présentation et à chaque nouveau projet.

 

À partir du milieu des années 1990, Céleste Boursier-Mougenot, alors musicien pour le théâtre, envisage l'espace de la galerie et du musée comme le lieu singulier de ses compositions. Déplaçant la question de la performance musicale et de l'interprétation par le musicien vers l'instrument lui-même, il développe depuis des travaux sculpturaux et spatiaux dans lesquels les détournements agissent aussi bien sur les techniques employées que sur le traitement des informations. Performance sans performers, les œuvres de l'artiste jouent sur l'illusion du direct. Elles creusent des chausse-trappes sonores et visuelles, à travers filtres et manipulations, dans un monde déjà déréglé.

 

Si elle s'inscrit dans une histoire expérimentale de la musique et de sa transmission sculpturale et performative qui court de Cage à Fluxus, en passant par La Monte Young, l'œuvre de Céleste Boursier-Mougenot n'en est pas moins contemporaine d'un horizon saturé d'informations, de signaux, de contrôles et de transferts d'information. Fascinante par ses formes et ses passages entre son et espace, simultanément spectaculaire par ses effets et mince et distante dans ses dispositifs, celle-ci dessine et joue simultanément la partition d'un rêve parfois inquiet.

 

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Céleste Boursier-Mougenot, "Scanner", 2006 © Sandrine Aubry

2013

Anthony McCall

Du 21 February au 5 May 2013

 

L'artiste est invité à reconfigurer l'espace des Abattoirs en installation avec une série de "films de lumière solide" qui alternent projections horizontales et projections verticales.

 

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Anthony McCall, You and I Horizontal, 2005. photo Freddy Le Saux
Courtesy galeries Martine Aboucaya, Paris, Sean Kelly, New York, Sprueth Magers, Berlin-Londres

Outside
Je jouais avec les chiens et je voyais le ciel et je voyais l’air

Dans le cadre des Pléiades - 30 ans des FRAC

Du 12 January au 19 April 2013

 

Construit sur une analogie entre mémoire et collection, exposition et retour du passé, le projet des Abattoirs - FRAC Midi-Pyrénées croise les recherches théâtrales de Laurent Mauvignier (avec une intervention de Guillaume Leblon, artiste invité à penser un dispositif d'exposition de la collection. À travers une écriture dépassant les clivages entre avant-garde et littérature "classique", les romans de Laurent Mauvignier (Dans la foule, Des Hommes, Ce que j'appelle oubli) développent une question centrale : comment vivre avec le passé, avec le traumatisme, comment inventer quand même avec ou malgré l'héritage ? Largement sculptural, mais recourant également au film, au dessin ou au collage, l'œuvre de Guillaume Leblon a, quant à elle, été remarquée pour son dépassement des formes héritées du modernisme, au profit d'un travail qui expérimente techniques et répertoires sans se départir de sentiments intimes et domestiques.

À partir de Tout mon amour, une pièce qu'il a montée avec le collectif "Les possédés", Laurent Mauvignier s'est associé avec le réalisateur Othello Vilgard pour réaliser un film. Celui-ci sera présenté au sein d'une construction pensée par Guillaume Leblon pour montrer de manière itinérante la collection des Abattoirs - FRAC Midi-Pyrénées. Une des particularités de ce dispositif est de prévoir un lieu dédié à la présentation d'images en mouvements. Le film, niché au sein d'un espace consacré à l'accrochage d'œuvres, devient un arrière-plan narratif à une exposition d'œuvres revenues du passé, un objet sur lequel l'exposition viendrait s'adosser.

 

Destinée à être un module itinérant de présentation de la collection, cette réalisation de Guillaume Leblon sera présentée pour la première fois en avril sur scène au Théâtre Garonne, à Toulouse, du 12 au 19 avril 2013. Elle sera pour cette "première", habitée par le film de Laurent Mauvignier et une exposition de la collection pensée par l'artiste avec l'équipe des Abattoirs. 

 

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Guillaume Leblon, projet pour Je jouais avec les chiens
et je voyais le ciel et je voyais l’air
© Droits réservés

2012

Tapis volants

Du 16 November 2012 au 3 February 2013

 

Qu'est-ce qu'un tapis volant ? Une dimension mythique, une expression fabuleuse, mais aussi la
définition de la nature volatile et changeante d'une oeuvre, de l'artisanat qui peut devenir un
projet artistique et intellectuel. C'est ainsi que naît l'exposition Tapis Volants, un voyage d'Est à
Ouest, entre passé et présent. Une interprétation de l'art moderne et contemporain qui s'exprime à travers la définition multiple de la notion de tapis et de son écho dans l'art du XXe siècle.


Le « tapis volant » est un objet issu de la tradition orientale, associé à l'idée de lévitation, de magie et nomadisme. Le tapis, tissu enroulé et successivement déroulé, est la métaphore de l'écriture et de la musique, de la prière.


L'exposition raconte comment l'art du XXème siècle en a subit l'influence et la fascination par un parcours présentant chefs-d'oeuvre rares et anciens, tapis orientaux appartenant aux collections publiques françaises (Musée des Tissus de Lyon, Musée Jacquemart-André, Musée du Quai Branly). Le tout est enrichi par des sculptures et des installations d'artistes américains, européens et du Moyen-Orient, provenant en premier lieu de la collection moderne et contemporaine du Centre Pompidou, mais aussi des prêts du Frac Languedoc-Roussillon (Zilvinas Kempinas) ou de Bernar Vente (Carl Andre). De Benozzo Gozzoli à Alighiero Boetti, en passant par Rebecca Digne et Pierre Malphettes, les projections de Marijke van Wanderdam, ou les films de Stan Brakhage, conjugués avec des tapis ottomans réputés du XVIème siècle à aujourd'hui, l'exposition mêle les époques par des passages à la fois formels, ludiques et métaphoriques, révélateurs de correspondances traversant les siècles et les mers.

 

L'exposition propose enfin une dimension sonore raffinée, avec la présentation d'une pièce
musicale de Morton Feldman en regard de tapis mamelouk.

 

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Hans Haacke 1964 – 1965 - Blue Sail - Installation

Outside
Mon Royaume se trouve sous vos pieds

Exposition d’oeuvres de Françoise Quardon

Du 7 July au 14 October 2012

 

Château de Taurines

12120 Centrés
Ouvert du 7 juillet au 31 août, tous les jours de 15h à 19h
en septembre, les samedis et dimanches de 15h à 18h

 

 

Le titre de cette exposition est extrait des dernières lignes d'un texte de Françoise Quardon écrit en 2011, période à laquelle elle a conçu jusqu'à aujourd'hui les nouvelles oeuvres présentées au château de Taurines en association à des pièces plus anciennes. La pratique de l'écriture, via de courts textes de fiction, est un accompagnement à l'ensemble de son travail d'artiste, une façon de « poser des questions et de prendre l'ennemi à revers, sans la pesanteur de la matière ». 

 

Ainsi que le titre l'évoque, il est ici question de forces chtoniennes, d'esprits, d'échos (d'une pièce à l'autre, d'un étage à l'autre, des oeuvres entre elles) dont Françoise, qui se désigne comme « passante et traversée » se fait la narratrice, tissant des fils entre des personnages chers et disparus, des histoires minuscules prises dans l'Histoire, le trivial et le sublime, le quotidien et l'imaginaire, le « tissu de l'âme » et le poids des corps.


L'ensemble du vocabulaire formel de l'artiste mêle photographie, sculpture, vidéo, son, dans lequel la couleur, l'ornement, l'art du détail sont des leurres tentant de réparer des corps hybrides blessés, des objets imparfaits et bancales, hantés par les marques du temps. « On ne se débarrasse jamais des évènements, des états de l'élaboration d'une oeuvre ; l'oeuvre accomplie porte toujours des traces de son élaboration. D'une certaine façon, c'est la vengeance de l'humain, du rien qu'humain. » 

 

Dans une pratique proche du sample en musique ou du mash up au cinéma, Françoise Quardon construit une polyphonie pleine d'anachronismes où une veuve du 18ème siècle pleure un rocker éthylique disparu au 20ème siècle, où la nature fantastique et animale appelle les esprits des disparus, où les liens familiaux sont écartelés dans une sorte d'exorcisme, le tout saupoudré de paillettes, qui font rêver sans trop y croire les petites filles même devenues grandes, la lucidité s'alliant à l'humour, la parodie, le travestissement, la dérision.

 

Le château de Taurines est investi comme un vaisseau imaginaire dans lequel Françoise Quardon nous embarque en créant par petites touches entre le lieu et les oeuvres des associations d'idées, des rapports intérieur / extérieur, le contexte n'étant jamais prétexte à un travail in situ, mais plutôt à créer un temps particulier où la matérialité du lieu et celle des oeuvres s'influencent et dialoguent, où le personnel s'efface pour « une solitude multiple et peuplée ».

 

« Ce sont les oeuvres et la voix des autres qui me mettent en marche, des cadeaux précieux que je prends avec précaution dans mes mains en me disant quelle chance ! A ce momentlà, je me détache de moi-même et deviens transparente, comme un fantôme. » « Je suis en eux sans rien de plus, rien qui ne soit à eux, rien à moi. »

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Françoise Quardon, red eyes and tears

La vie des formes

Du 29 June au 2 September 2012

 

Empruntant son titre à l'ouvrage écrit en 1934 par l'historien de l'art Henri Focillon, cette exposition se construit sur l'hypothèse d'une vie autonome des formes, une croissance qui se déroulerait au sein des Abattoirs par oeuvres interposées, jusqu'au dépassement de ses frontières physiques. À l'extérieur même du bâtiment, les sculptures de Bernar Venet et de Franz West - l'une dans son développement mathématique, l'autre dans sa croissance organique - sont déjà une introduction à cette idée. La fonction des Abattoirs se joue, elle, dans sa capacité à accueillir artistes, oeuvres et publics à assister à un mouvement qui dépasse une simple unité de lieu. A peine réouvert, le bâtiment des Abattoirs dévoilera de nouveaux usages.

 

Dans un texte de 1989, Daniel Cordier loue les "solitaires" qui viennent se « "défoncer" et se rassasier de bonheur hypnotique dans la contemplation des oeuvres d'art ». C'est ce désir, symbolisé dans l'exposition par la confrontation d'un néon de Claude Lévêque (Pulsions, 2008) - dessin rouge inspiré de l'activité cérébrale - et d'une suite d'encres d'Henri Michaux que nous chercherons à exaucer ici.


"La loi du cadre", "l'horreur du vide", "métamorphoses" et "prolifération" figurent parmi les entrées repérées pour présenter dans la totalité du bâtiment une exposition qui mêle la collection des Abattoirs (Michel Blazy, Yayoi Kusama, Peter Kogler, le fonds Daniel Cordier accroché selon un principe analogique, un espace consacré aux livres d'artistes), des productions spécifiques (Lucy Skaer, Michael Beutler) et des emprunts (Franz West, Mona Hatoum, Anthony McCall). Déjà présent dans certains travaux rassemblés ici, l'usage de l'image animée servira de moteur unificateur. En fin de parcours, l'espace du rideau de Picasso servira de surface de projection à un cycle cinématographique qui ira d'Hans Richter aux jeux psychédéliques de James Whitney et intégrera des films scientifiques. Placée en conclusion, mais visible dès le premier étage, cette projection, à laquelle les spectateurs assisteront sur des canapés recouverts de tapis orientaux (Auditorium de Franz West) sera une possible synthèse animée des formes croisées jusque-là.


Olivier Michelon
Directeur des Abattoirs

 

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Mona Hatoum, Light Sentence, 1992 © Mona Hatoum

Outside
Hybrides et chimères

La conquête d’un rêve éveillé

Du 28 June au 28 October 2012

 

Musée Goya - musée d'art hispanique
Hôtel de Ville
81108 Castres - Tarn 

 

Cet été au musée Goya de Castres l'art ancien rencontre l'art contemporain. 

Grâce au partenariat mis en place entre la Ville de Castres et les Abattoirs de Toulouse autour de la thématique Hybrides et chimères, le visiteur aura la surprise de découvrir côte à côte des témoignages artistiques surprenants, dont la confrontation inattendue sera à n'en pas douter source d'interrogation et de plaisir.

 

Artistes présentés :
David Altmejd, Rina Banerjee, Virginie Barré, Georges Crouzat, Appel.les Fenosa, Francisco de Goya, Thomas Grünfeld, Juan de Jáuregui, Valentin Jumel de Noireterre, Eugenio Lucas y Villaamil, Blasco Mentor, Fabien Verschaere, Marianne Plo.

 

Outside
Ressources humaines

Du 28 April au 1er July 2012

 

La chapelle du Port

Auvillar (82)

Exposition ouverte tous les samedis et dimanches de 10h à 12h30 et de 15h à 20h00

Les jours fériés de 15h à 18h00

 

La ville d'Auvillar participe à une première exposition des collections du Fonds régional pour l'art contemporain (Frac Midi-Pyrénées), dans le Tarn-et-Garonne. Dans la chapelle du Port, les oeuvres de Marc DESGRANDCHAMPS, William MACKENDREE, Daniel SCHLIER, Gérard TRAQUANDI, Rirkrit TIRAVANIJA se côtoient sous le titre ambivalent de Ressources humaines. Les peintures présentées ici, « fenêtres ouvertes sur le monde », prennent tout leur sens au regard de la spécificité de la maison Dom-ino de Le Corbusier. Dès le début du XXe siècle, il conçoit un habitat novateur dont les spécificités étaient de jouer sur les
ouvertures et la modularité. Rirkrit Tiravanija, en transposant cette ossature architecturale par l'utilisation de matériaux plus légers, libère un peu plus la spatialité de la structure et y ajoute de la mobilité. Les peintures ont été choisies pour leur résonnance avec l'extérieur immédiat de la chapelle : l'esplanade, la Garonne, le pont, mais pas seulement. Tel un palimpseste, les oeuvres se superposent aux fresques présentes dans la Chapelle et l'installation Dom-Ino devient un point de vue, maison-musée ouverte, propice à la contemplation des oeuvres.


L'art envisagé comme un territoire et la médiation envisagée comme une action. L'hôte, l'artiste et le visiteur aurait pu être le titre de l'exposition, mais Ressources humaines, avant tout envisagé ici comme l'expression d'un potentiel de richesses, démultiplie les axes d'échanges entre les individus. La personne se place au coeur de l'exposition dans une interaction entre oeuvres de la collection du Frac Midi-Pyrénées et événements. La chapelle du Port, architecture simple et particulière, offre un territoire ouvert liant une spiritualité locale à celle guidant les pèlerins sur les chemins de Compostelle. Le site, naturel et industriel, a également orienté notre choix de peintures grands formats, entre rappels formels évidents et une symbolique indirecte mais toute aussi évidente. Au centre de la chapelle, la structure de Rirkrit Tiravanija devient plateforme de partage et d'échange, lieu intimiste et chaleureux. Le bois et l'absence de cloison invitent à la détente et confèrent à cette oeuvre une atmosphère unique dont le visiteur devient l'acteur principal. N'oublions pas que Dom-Ino, terme inventé par Le Corbusier, est une contraction de Domus la maison en latin et de Innovation. La présence d'une cuisine à l'intérieur même de l'oeuvre bouleverse dans son pragmatisme les codes de l'art tout en dépassant « une petite cuisine interne »... Voilà une oeuvre à vivre et un espace à éprouver. Le temps de l'exposition, nous proposons un ensemble d'événements, tous les weekends à 18 heures, intitulé « Formation discontinue » ; une invitation à activer Dom-Ino, ( bien au-delà d'une « gestion du personnel »), autour des thèmes développés par l'exposition : du paysage aux ateliers massages, des interventions d'artistes aux cours culinaires de tortillas. Les acteurs des associations d'Auvillar, des centres d'art du département, et même plus largement de la région Midi-Pyrénées participent au projet. 

 

Ressources humaines, plateforme ludique, généreuse et libre d'activation. En deux mots : radieuse, active.

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Daniel Schlier, Im Wasser liegend V, 2003

Outside
Quelle histoire ?!

OEuvres de la collection Frac Midi-Pyrénées

Du 30 March 2012 au 31 March 2013

 

Au Château de Foix
Musée départemental de l'Ariège (09)
Place du Palais de justice
09000 Foix

 

Notre histoire fascine. Ce serait même l'un des sujets de prédilection de nos contemporains. Mais que faisons-nous de cette histoire ?
Les artistes ont toujours eu un rapport particulier avec elle, et ils nous en entrouvrent les portes en permanence. Ce serait même l'une de leur mission, et ce, à toutes périodes de l'histoire de l'art, à travers des oeuvres mythologiques, élégiaques, romantiques ou plus récemment avec la peinture ou la sculpture d'histoire. Un rapport qui a pu être édifiant, critique, et parfois même politique...


Mais que nous disent-ils de cette vision du passé et de l'aventure humaine ? De ce que nous en faisons, au présent comme au futur ? Comment nous situons-nous dans le temps ? Et puis, que signifie l'engouement récent pour la présentation d'oeuvres contemporaines dans de grands sites patrimoniaux, depuis le château de Versailles jusqu'à la grotte du Mas d'Azil, en passant ici par le château de Foix ?

Ce comportement «transhistorique», qui consiste à réinventer un lien, une communication entre des périodes éloignées, ne serait-il pas caractéristique de notre époque ? Comme si, sans le savoir, l'homme contemporain réinventait un rapport au temps et à l'histoire.


Ces questions nous interpellent à travers l'exposition Quelle Histoire ?!
Elle a été conçue à partir d'une sélection d'oeuvres du Fonds régional d'art contemporain de Midi-Pyrénées, oeuvres toutes liées à différents épisodes de l'histoire (moyen-âge, seconde guerre mondiale, époque contemporaine, ...), disposées à travers le site et les salles de l'incomparable Château de Foix, dont la construction s'étend sur près de mille ans.


Ce parcours « transhistorique» entre moyen-âge et époque actuelle nous permettra ainsi d'entrevoir les liens qui ont pu subsister pour les artistes contemporains dans leurs pratiques, mais également dans leurs interprétations de l'Histoire.
Avec les collections du Musée départemental de l'Ariège, ce croisement chronologique et esthétique sera l'occasion de revisiter l'histoire de la statuaire, de l'ornementation architecturale, du travail de l'orfèvrerie en vigueur au Château de Foix aux temps de Gaston Fébus, puis plus tard d'Henri III, futur Henri IV.


La grande peinture d'Histoire telle qu'elle était vécue depuis des siècles semble ici retrouver tout son sens. L'exposition Quelle Histoire ?! nous invite ainsi à nous y replonger.

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Georges-Mehdi LAHLOU, Sâlat ou autoportrait dirigé (2011), coll. Frac Midi-Pyrénées, les Abattoirs © droits réservés ; photogr. GML

Outside
ARTISTE n.f.

Du 17 March au 10 June 2012

 

Château de Taurines

12120 Centrès

Exposition ouverte tous les dimanches de 15h00 à 18h00
et sur rendez-vous au 05 65 69 22 02 ou 06 17 27 12 72

 

La disparition récente du titre Mademoiselle de tout document administratif, n'a pas motivé l'exposition ARTISTE n.f. Cela est néanmoins le signe des changements et des évolutions de notre époque. Cette exposition, réalisée en partenariat par le Frac Midi-Pyrénées et l'association Yaqua et Cie, propose une sélection d'œuvres de la collection du Frac réalisées par des artistes femmes.

 

Dans nos sociétés, il semblerait qu‘une uniformisation du genre envahisse peu à peu notre quotidien, il suffit de penser aux parfums, aux marques de vêtements. De fait, la soif d'égalité tend à dissoudre la mixité. Est-ce vraiment ce que les femmes souhaitaient ?


Justifier un type de création par sa mise en avant engendre le risque de « ghettoïsation ». Néanmoins, il convient de s'intéresser aux conditions d'émergence de l'artiste (n.f), car être femme a longtemps entravé la possibilité d'une carrière artistique.


L'exposition ARTISTE n.f. n'a pas pour ambition de classifier les créations en fonction du genre de ses créatrices. Au contraire, la diversité des œuvres présentées ne saurait se résumer à une simple paire de chromosomes, XX ou XY. Ainsi, remarquons le minimalisme affirmé de Susana Solanó, contre-pied hiératique au geste primitif de Titi Parant, la peinture parfois violente d'Anne-Marie Pêcheur, plus lyrique chez Patrizia Cantalupo, fantastique chez Marie Ducaté. Suit l'étrange représentation de personnages populaires dans le dessin d'Anne-Marie Schneider proche du monde lui aussi teinté d'enfance, mais plus scintillant de Marianne Plo. N'oublions pas enfin les photographies faussement documentaires de Sophie Calle.


Réjouissons-nous de leur singularité artistique et bannissons le Madame, Mademoiselle, Monsieur, de leurs créations plastiques.

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Marie Ducaté, Sans titre, 1983 - 1984 © Jean Luc Auriol

2011

Vladimir Velickovic

Les versants du silence

Du 17 November 2011 au 29 January 2012

 

Rares sont les oeuvres de Vladimir Velickovic que le regard oublie après s'y être confronté. Rares sont celles qui laissent indifférentes. Chargées d'une densité émotionnelle très forte, c'est de l'homme dont elles parlent. De nos destins misérables, de la mort et de la cruauté humaine, de la dualité des nuits humaines.

Ce sont majoritairement des corps en souffrance que l'artiste représente dans des visions toujours singulières. Visions qui toutes témoignent d'une qualité plastique puissante, source d'un métier parfaitement maîtrisé que le peintre a su réinventer en renouvelant et iconographie et techniques.

 

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Vladimir Velickovic
"Corbeaux", 2001, Huile sur toile, 250x500 cm

Outside
Archivisions #1

Oeuvres de la collection des Abattoirs Frac Midi-Pyrénées

Du 24 June 2011 au 24 September 2012


Archivisions # 1 Poétiques urbaines est le premier volet d'une exposition diptyque qui s'intéresse à la façon dont les artistes s'emparent aujourd'hui des questions liées à l'architecture, à l'urbanisme, et plus globalement aux vécus citadins.

 

Le Parvis centre d'art
À Ibos: Lara Almarcegui, Atelier van Lieshout, Pierre Bismuth, Rémy Jacquier, N55
À Pau : Jordi Colomer, Bertrand lamarche, Franck Scurti.

Outside
HabitéR

Du 28 May au 2 October 2011

 

Pour la troisième année consécutive, l'exposition DreamTime propose à des artistes contemporains de créer à partir de la grotte du Mas-d'Azil. Il s'agit d'une expérience unique en son genre de trait d'union entre notre époque et les mystères de la préhistoire.
C'est pourquoi le titre, HabitéR, joue volontairement sur les deux principaux sens du terme habiter. Le premier, assez concret, évoque la demeure, le fait de résider, de s'installer, de se fixer. Le second sens, plus abstrait, psychique et spirituel, est synonyme de hanté, obnubilé, ou travaillé de l'intérieur.

 

Artistes présentés: Charley Case, Magali Daniaux & Cédric Pigot, Sophie Dubosc, Jean Luc Favero, Delphine Gigoux-Martin, Thomas Israël, Myriam Mechita, Chiarra Mulas, Elsa Sahal


Exposition à la Grotte du Mas d'Azil (09)

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Delphine Gigoux-Martin, 6 projections vidéo dessins animés (mine de plomb sur papier, pas de son). Collection les Abattoirs / Frac Midi-Pyrénées. Courtesy Galerie Métropolis, Paris. Crédit photo : André Morin

Chefs-d'œuvre modernes et contemporains

Du 15 April au 28 August 2011

 

L'originalité et les particularités de sa collection font aujourd'hui la réputation des Abattoirs. C'est ce qui sera affirmé dans un accrochage concentré sur les œuvres majeures des grands artistes et des mouvements modernes et contemporains que nous conservons.

Le Rideau de scène La Dépouille du Minotaure en costume d'Arlequin de Pablo Picasso réapparaîtra après plus d'une année de repos, pour la plus grande satisfaction des nombreux visiteurs étrangers et de nos publics scolaires qui le demandent fréquemment.

 

Une sélection d'œuvres choisies articulera les grandes options de la collection, tant historiques que techniques - peintures, sculptures, dessins, installations, vidéos - dans des dialogues inédits qui témoigneront de la cohérence des acquisitions du Musée d'art moderne et contemporain et du Frac Midi-Pyrénées.

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Pablo Picasso, La Dépouille du Minotaure en costume d'Arlequin; Rideau de scène pour le 14 juillet de Romain Rolland (mai-juillet 1936), les Abattoirs, Toulouse © Succession Picasso ; photogr. Auriol

2002

Guillaume Leblon, Laurent Mauvignier et Othello Vilgard — Je jouais avec les chiens et je voyais le ciel et je voyais l’air

Le 1er January 2002

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L'exposition Je jouais avec les chiens et je voyais le ciel et je voyais l’air

Construit sur une analogie entre mémoire et collection, exposition et retour du passé, le projet des Abattoirs – FRAC Midi-Pyrénées croise les recherches théâtrales de Laurent Mauvignier avec une intervention de Guillaume Leblon, artiste invité à penser un dispositif
d’exposition de la collection. À travers une écriture dépassant les clivages entre avant-garde et littérature «classique», les romans de Laurent Mauvignier (Dans la foule, Des Hommes, Ce que j’appelle oubli) développent une question centrale : comment vivre avec le passé, avec le traumatisme, comment inventer avec ou malgré l’héritage ? Largement sculpturale, mais recourant également au film, au dessin ou au collage, l’oeuvre de Guillaume Leblon a, quant à elle, été remarquée pour son dépassement des formes héritées du modernisme, au profit d’un travail qui expérimente techniques et répertoires sans se départir de sentiments intimes et domestiques.
À partir de Tout mon amour, une pièce qu’il a montée avec le collectif «Les possédés», Laurent Mauvignier s’est associé avec le réalisateur Othello Vilgard pour réaliser un film.
Celui-ci sera présenté au sein d’une construction pensée par Guillaume Leblon pour montrer de manière itinérante la collection des Abattoirs – FRAC Midi‑Pyrénées. Une des particularités de ce dispositif est de prévoir un lieu dédié à la présentation d’images en mouvements.
Le film, niché au sein d’un espace consacré à l’accrochage d’oeuvres, devient un arrière plan
narratif à une exposition d’oeuvres revenues du passé, un objet sur lequel l’exposition viendrait s’adosser.
Destinée à être un module itinérant de présentation de la collection, cette réalisation de Guillaume Leblon sera montrée pour la première fois sur scène au Théâtre Garonne, à Toulouse, du 12 au 19 avril 2013. Elle sera pour cette «première», habitée par le film de Laurent Mauvignier et une exposition de la collection pensée par l’artiste avec l’équipe des Abattoirs.

Guillaume Leblon
Artiste - Né en 1971, France
Il vit et travail à Paris.

Laurent Mauvignier
Écrivain - Né en 1967, France

Othello Vilgard
Réalisateur - France

Guillaume Leblon, projet pour Je jouais avec les chiens
et je voyais le ciel et je voyais l’air

© Droits réservés



Portrait de Guillaume Leblon, 2011
Photo F. Mortier

Dates

Exposition du 12 au 19 avril 2013 au Théâtre Garonne

Informations pratiques
les Abattoirs - FRAC Midi Pyrénées
76 Allées Charles de Fitte
31 300 Toulouse
T 05 34 51 10 60
www.lesabattoirs.org

Entretien de Guillaume Leblon avec Olivier Michelon, directeur des Abattoirs - FRAC Midi-Pyrénées, extrait du catalogue Les Pléiades, coédition Flammarion-Platform, Paris 2013.

Olivier Michelon : Réemploi de formes, appropriations... Ton œuvre implique souvent des matériaux, des objets déjà constitués, est-ce que l'on pourrait parler de ceux-ci comme des personnages ?
Guillaume Leblon : Je n'ai jamais eu cette approche-là. J'ai subi une éducation artistique française où le pathos ne peut pas exister. Je ne personnifie pas les matériaux, je ne leur donne pas de pouvoirs, même si... Pour les objets, c'est comparable. C'est toute l'histoire de « Someone knows better than me », une exposition que j'ai faite en 2010 au Grand Café de Saint-Nazaire. Pour celle-ci, j'ai rassemblé des meubles abandonnés par des particuliers sur les trottoirs, les ai démembrés, aplatis, mis au sol.

Cette idée est vraiment liée au souvenir : tout est plat, comme la photographie. La mémoire, le pathos sont forts, dans ce cas.
Oui, cela charrie à la fois les petites histoires individuelles et l'histoire sociale.

Si je te pose cette question, c'est en relation avec la façon dont un artiste peut approcher une collection constituée, un ensemble d'objets, ce que parallèlement à « Je jouais avec les chiens et je voyais le ciel et je voyais l'air », les Abattoirs t'ont proposé de faire avec la collection de Daniel Cordier qui y est conservée.
J'ai déjà fait cela avec Le Plateau / Frac Île-de-France, et c'était assez fantastique. Un artiste qui approche une collection le fait en relation avec son travail, et c'est en cela que c'est passionnant. Ce qui m'intéresse est une approche directe, instinctive, même si dans un second temps il y a une mise à distance ; c'est une appropriation.

Que devient une œuvre, pour toi, quand elle entre dans une collection publique ?
La collection publique est importante pour le travail, elle le diffuse, le protège... mais cela peut aussi être décevant. Je n'ai pas une attache viscérale aux œuvres, mais il m'apparaît parfois difficile de synchroniser le temps de la collection à celui du travail. Le premier serait arrêté, définitif. Le second est toujours en déplacement.

Les Pléiades, exposition collective réunissant les 23 FRAC aux Abattoirs - FRAC Midi-Pyrénées de Toulouse, du 28 septembre au 5 janvier 2013. Splendeurs vues d'ailleurs, proposition de Guillaume Leblon pour le FRAC Midi-Pyrénées (œuvres issues de la donation Daniel Cordier en dépôt aux Abattoirs). PhotoCédrick Eymenier